25.04.14

« Visages » en peintures, photographies, sculptures et autres matériaux

Une exposition de niveau mondial au musée de la Vieille Charité à Marseille où les visages sont au centre de tout, ces masques humains obsessionnels, postures et démarcations, apparitions et hurlements, sourires et souvenirs, furtifs, insaisissables et pourtant inséparables de soi, de/du moi, peints, dessinés, photographiés, sculptés, vivants, morts, intimement vécus, à voir, à revoir, à vivre, à ressentir, à s’extasier, à en pleurer, un formidable spectacle.

Comme ceux et celles qui nous suivent ici, vous savez combien nous sommes intrigués ou peut-être même fascinés par cet étrange et beau cousinage entre peinture et photographie et l’exposition « Visages. Picasso, Magritte, Warhol.. », à la Vieille Charité à Marseille, nous donne encore plus d’éléments pour nourrir nos réflexions et interrogations, mais cette fois, dans une dimension exceptionnelle. Ce splendide événement est pour nous une inépuisable source de plaisir(s). Passer de Arp à Warhol, de Bacon à Baldessari, de Baselitz à Basquiat, de Bounakoff à Brassaï, de Dubuffet à Ernst, de Kupka à Magritte, de Picasso à Man Ray (nous avons beaucoup apprécié la présence de l’oeuvre photographique de Bernard Plossu, intitulée “Strasbourg”, que nous avions déjà vue chez Madame Millot-Durrenberger) est un voyage multiple dans un musée universel. Il est (très) rare de pouvoir visiter autant d’oeuvres en un même lieu, autant de génies en un si grand nombre (155 oeuvres au total). Et cette mise en scène où photographies et peintures (mais aussi sculptures, bois, acier..) se côtoient sur le thème du visage nous emballe. Des vis-à-vis, des dialogues, des interpellations, comme des rencontres étonnantes dans la rue, ou d’autres endroits imaginés/imaginaires, des regards.. Le centre d’art de la Vieille Charité fut construit à partir de 1640 puis 1670 pour accueillir les pauvres et les gueux (quel raccourci ici même avec cette exposition sur les visages et ceux des malades et de gens perdus que nous pouvons imaginer avec peine et respect !) offre une succession de salles d’exposition qui forme un parcours quasi initiatique jusqu’aux étages supérieurs avec les collections permanentes (l’archéologie méditerranéenne, l’art africain, et l’incroyable donation du cinéaste François Reichenbach et ses masques mexicains). L’auteur de ces lignes a été très ému en ces lieux en pensant à Catherine, sa belle sœur, décédée beaucoup trop jeune, et qui y réalisa de magnifiques projets artistiques. Marseille, avec cette exceptionnelle exposition, acquiert une nouvelle réputation artistique et culturelle.

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