25.10.14

Le souffle du vent et celui de l’art

Le vent souffle aussi des impressions, sensorielles et mentales, il donne des ailes et on aime se confronter à lui pour lui montrer qui serait le plus fort. Momentanément bien sûr. Madame Millot-Durrenberger a intitulé sa dernière exposition (dans sa galerie In Extremis à Strasbourg) “The answer is blowin’in the wind” pour nous dire que ce vent, comme le chantait Bob Dylan, peut transporter et amener certaines réponses, toutes imaginaires, surtout quand il souffle dans les grands espaces américains, là où les attentes sont des rêves, ou des cauchemars aussi.

Grande collectionneuse de photographies d’art, Madeleine Millot-Durrenberger a rassemblé 13 artistes, américains ou non, vivant / ayant vécu aux Etats-unis, avec certains types de leur photographies issus de ces espaces, physiques et intellectuels, et qui donnent à voir ce qu’est leur “réponse” à ce rêve, dans des registres très différents, mais qui tissent un lien, celui de l’usage de la photo en support, sinon en témoignage, à leur expérience de vie aux USA. Autant dire que le rendu est conforme aux clichés, dans le sens second du terme, liés aux “States” avec ce mélange de beau, de laid, d’incongru, de surprenant. Le beau est indéniable, c’est-à-dire transversal à tous jugements, car apportant poésie et humanisme, le laid (le “mauvais goût”) est pesant, c’est-à-dire mis en scène dans une volonté appuyée et donc à deux têtes, première impression puis interpellation, ce qui rend ce laid interprétatif, l’incongru est quasi inné, c’est-à-dire intrinsèque à une société qui génère des hiatus sociaux et culturels à la chaîne, libertés à tous vents, et le surprenant réside, quant à lui, dans le fait même que tout cela est possible, c’est-à-dire coexistant dans les contraires. Avec de tels concepts, Madeleine Millot-Durrenberger a réalisé un bel exploit d’intelligence et d’ingéniosité en abritant dans un même événement Berenice Abbott, Mac Adams, Manuel Àlvarez Bravo,John Baldessari, Bob Carey, John Coplans, Michael Kenna, Duane Michals,Arthur Rothstein, Lewis Rutherfurd, Lucas Samaras, Nancy Wilson-Pajic, Joel-Peter Witkin. Puis, une fois ce voyage étonnant effectué, nous revenons vers la photographie en tant que médium et média, ceci dit sans devoir la classifier, surtout dans ce contexte d’exposition. Il y a dans celle-ci un Art, un esprit, apportés par ces photographes. Les points de vue, les angles, les sujets, les techniques, les motivations relèvent de cet Art de la photo dont Mme Millot-Durrenberger sait en faire le repérage. Ses collections sont splendides.

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