Les éditos

Ci-dessous vous trouverez des éditos qui sont souvent des reprises complètes ou partielles de nos articles ou bien des textes spécifiques, dans lesquels nous développons un point de vue personnel sur une thématique particulière. (En utilisant votre clavier avec les touches Ctrl et F vous pouvez effectuer une recherche dans l’ensemble des articles)

Nouvelle adresse pour Strasbourg art photography, le site officiel

Du 1er au 30 novembre 2022, 5ème édition de Strasbourg art photography

Le mois de la photographie à Strasbourg

29.11.15

La pollution est-elle un art dégénéré ?

Dans ces temps de grand questionnement sur le climat, son réchauffement (dé ou sur-) mesuré (?), la pollution et notre avenir avec, un aspect vient peu à l’esprit qui est celui d’une beauté fascinante (dictatoriale) qui mélangerait détestation et concubinage incestueux tant la promiscuité d’avec elle nous place dans la position obscène du consommateur-pourvoyeur-voyeur. Il y a un art qui se génère d’elle, de cette pollution, sorte de monstre enfanté qui crée cette magnifique relation d’amour-haine constitutif d’un lien masochiste sans remède. Cet être immatériel et si terriblement là, immanquable, dans tous ses sens (odeur, vue, bruit, appréhension et –mauvais- goût), ce Dasein (ré)incarné dans l’impossible qui s’impose à nous indique une existence, ce fait d’exister, par laquelle le produit de celle-ci n’est pas d’être mais d’avoir, « d’avoir à.. ». Avoir, posséder, construire, déconstruire, produire, jeter, consommer. Et logiquement cet avoir est dans le même temps déjà du passé. Nous avons à consommer ce que nous produisons et ce fait est la négation du présent achevée. Ce qui rend difficile de se projeter dans un avenir non consumériste puisque nous vivons sous cette emprise. Nous vivons dans la nostalgie d’un futur déjà manqué et la punition est bien cette surconsommation: marchandises, images, flux immatériels de la technologie, sons, idées, contre idées, fausses idées, vides qui se remplissent d’un néant merveilleux, celui d’une impression de. Impression de vivre, de profiter, de contribuer. Et d’arriver à notre propos : ne ressort-il pas de tout cela, de tous ces riens, un art de la vie ? Une résultante bien malgré nous d’une créativité absurde intimement liée à l’Homme. Notre art serait le négatif d’un splendide positif, oui, encore une fois, l’Homme, dans cette idée du polluant. Nous serions des génies de la décadence organisée, et de notre héroïsme nous fabriquons un art. Officiel ou parallèle, encensé ou réprimé. La beauté de l’environnement défait ne peut se séparer de nous, et inversement, et tout l’art est de persévérer dans cette tragédie du laid. Nous en vivons sans savoir si nous en survivrons. La pollution est un art dégénéré, elle est propre à nous.

Copie de P1030504 by ryo tomo
Ryo Tomo : « sans Titre », 2015.

oeuvre édaphique by Ryo Tomo
Ryo Tomo : « Oeuvre édaphique », 2013.

31.08.15

Présence et absence de l’Être dans la photographie

La présence de personnages dans une photographie est-elle obligatoire si le contenu, et son esprit, nous indique des lieux et des choses montrés (réels, imaginaires, conceptuels) en tant qu’éléments essentiels de la narration ? Précisément, peut-il y avoir narration sans présence humaine ? Et cette absence est-elle en soi un fait générateur, multiplicateur, d’une histoire, d’une démonstration, d’une pensée beaucoup plus forte sans personnage ? Nous voyons depuis quelques décennies des photographies dites « street photography » où l’essentiel est composé d’éléments humains fortuits ou voulus. Mais, par un effort intellectuel simple, nous pouvons ôter ces personnes de la photographie et nous arrivons à un tout autre propos. Notre logiciel (cérébral) est beaucoup plus efficace que les moyens techniques qui permettent d’enlever des parties entières dans une photo (mais aussi d’en rajouter) et l’imagination, notre imagination, ne peut être concurrencée par ces outils. Pourquoi dès lors ne pas aller directement au but et photographier des situations, des éléments, des choses en dehors de cette présence humaine ? Et si cette présence abîmait le contenu jusqu’à le déformer ? La présence de personnages peut être un élément de désordre. Mais aussi de sublimation. Ces deux notions ne sont pas si contraires à bien y regarder. L’humour ou le tragique peuvent aussi se deviner. La misanthropie ne pousse pas l’auteur de ces lignes à vouloir échapper à toute présence, néanmoins, le photographe évolue aussi et il peut ressentir un besoin de simplification (de pureté ?) dans la réalisation de vues hors le champ humain dans la non intégration de cet élément dans son travail. Bien entendu, toute démarche à sa logique, mais de temps en temps, en regardant certaines œuvres nous pouvons nous dire que sans un monsieur, ou une dame, ou des enfants ou même un animal, la photographie réalisée serait plus intense. Suggérer est souvent plus parlant. Ne pas montrer encore plus. Dire n’est pas obligatoirement expliciter.

August 22, 1956
© Vivian Maier / Maloof Collection

vivian 2

© Vivian Maier / Maloof Collection

Bord de mer par temps gris (2)

Evacuation humaine by Ryo Tomo

21.07.15

Handicap et vue tronquée

Lorsque votre œil vous trompe il peut s’agir d’une déformation technique liée à différents paramètres indépendants de votre volonté, culturelle aussi,  et vous pouvez dans ce cas obtenir des résultats photographiques intéressants ou même beaux. Mais lorsque vous êtes dans un handicap momentané avec un œil abîmé puis opéré, cette chirurgie vient limiter votre champ de vision et vous vous retrouvez dans un désarroi subit qui fait que cet orphelinat vous rend nerveux et triste. Ceci est une expérience néanmoins interrogative et soudain vous vous mettez à entrevoir toutes sortes de situations (cécité partielle ou totale, puis aussi d’autres malheurs comme la surdité, l’absence d’un membre –mais lequel, quand le matin votre masculinité se fait flasque ou bien quand, dans un cauchemar, vos jambes ou vos bras disparaissent ?-). Ainsi grâce à une formidable capacité d’adaptation vous vous questionnez quant au choix du handicap que vous préféreriez. Pour ma part je pense que l’ouïe serait le sens le plus important à préserver pour continuer à entendre le chant des oiseaux et des enfants, Mozart, Chopin, Bach, Barbara.. Puis vous pensez que, finalement, c’est plutôt la vue qu’il faudrait conserver, ou les deux jambes, les bras etc. Bref, vous perdez un peu la tête dans cette histoire. J’attends donc que mes capacités visuelles reviennent pour faire de nouvelles photographies, et entre-temps je parle des travaux passionnants des autres en écrivant avec mes 15 ou 27 doigts, je ne sais plus, puisque ce foutu œil me fait voir le clavier et mes mains dans un flou, un trouble artistique, ou presque.

01.06.15

Strasbourg Art Photography / Facebook

Strasbourg Art Photography a le plaisir de vous informer du lancement de notre page Facebook grâce à laquelle vous vous tiendrez au courant de manière ciblée de l’actualité photographique et artistique selon nos choix (et donc parfaitement orientés, dans le bon sens bien sûr !). Voici le lien et nous espérons que vous serez nombreux à aimer cette page :https://www.facebook.com/strasbourg.artphotogrpahy

Strasbourg Art Photography is pleased to inform you about the launch of our Facebook page through where you will be informed in a targeted manner of photographic and artistic news according to our choices (and therefore perfectly oriented, in a good way of course!) . Here is the link and we hope many of you will enjoy this page: https://www.facebook.com/strasbourg.artphotogrpahy

10.04.15

La couleur dans la photographie et la photographie des couleurs

La photographie en couleur est-elle un avatar, une illusion optique (utopique), une représentation seulement réaliste de ce qui est, une réincarnation sur papier ? La fixation sur un support d’une scène quelconque se formalisait historiquement en noir et blanc, et gris, puis vint la couleur, d’abord timide.

La couleur allait rapidement et grâce à de nouvelles techniques s’affranchir desdites difficultés techniques pour devenir, elle aussi, un nouvel élément de la photographie moderne. De la colorisation le photographe allait passer à la réalisation en couleur de ses prises de vue jusqu’à la pixellisation et le numérique. Le vrai problème, avec la photo couleur, peut, et aujourd’hui encore, être celui d’un recopiage d’une réalité. Certaines nécessités imposent une exactitude du rendu dans des travaux liés à la mode, la gastronomie, l’industrie etc. et dans ces cas nous ne sommes plus dans l’aventure photographique mais bien dans une photographie documentaire. Ceci dit sans reproche ni dédain. Dès lors, qu’apporte la couleur dans la création artistique en photographie ? Comment passer de cette photo couleur à la photographie des couleurs, elles-mêmes composantes d’un contenu artistique ?  La bonne approche serait de ne pas voir les couleurs. Du moins quand elles se montrent dans leur chromatique mais les apercevoir dans un ensemble, une harmonie possible ou bien une cohérence fragile. Il faudrait les replacer dans une autre vision que la seule admiration. Nous avons vu dernièrement les travaux de Jean-Louis Hess avec une collection de ses œuvres en couleur, exposées au Cheval Blanc à Schiltigheim, et nous pouvons dire qu’ici le photographe entreprend cette démarche autre pour faire de la couleur un propos incident, c’est-à-dire différent, la rendre accessoire dans le sens du primordial. Ses photographies sont d’origine en couleur, ce point voulant dire que Jean-Louis Hess n’a pas fait de la photo couleur mais a su mettre de la couleur dans sa recherche. Ses vues urbaines d’une banlieue strasbourgeoise importent ce que des couleurs invisibles de quartiers eux-mêmes non visibles, ont en elles, ont en eux. Prendre en photo un mur bleu ou rouge n’est pas un exercice difficile. Mais le rendre en ses couleurs (chromatique, environnementale, structurelle, sociale, architecturale) est dépendant d’une réussite qui fera la différence. Ces photographies de Jean-Louis Hess sont une belle réussite et, si d’aventure, la couleur dans la photographie peut rebuter certains, ils pourront entrevoir, avec ces œuvres, une belle ouverture vers celle-ci.

Une approche originale et particulièrement réussie est celle de Mélody Seiwert dans un travail qui réunit le végétal, la photographie et les couleurs. Ses herbiers photographiques nous amènent dans un monde du quasi microscopique tout en relevant un art, celui de la nature vue par une artiste d’une extrême sensibilité. Nature et art vont de pair, ce qui est une évidence utile à rappeler, mais ici Mélody Seiwert met en scène les formes et les coloris pour en faire des tableaux d’une grande subtilité. Elle joue avec les couleurs tout en les respectant, sait intuitivement que la nature ainsi (re)visitée ne supporterait pas sa violation par quelques procédés aléatoires. En s’appropriant le végétal elle dévoile des secrets dans les matières, les structures, les couleurs et crée des formes, des êtres, presque, qui semblent vivant en se remuant devant nous dans une chorégraphie belle et surprenante. La couleur de ces brindilles et pétales est magnifiée. Pour autant nous ne sommes pas en présence d’œuvres peintes, comme celles d’un Redouté, mais en pleine photographie. Mélody est une photographe de talent, nous le savions déjà, et avec ce travail nous voyons que son œil est expert. Plus encore, Mélody Seiwert introduit un modernisme et une contemporanéité dans cette série qui apportent un champ nouveau dans la lecture photographique. Splendides réalisations que ces planches pseudo académiques où s’entrecroisent de multiples concepts dans une magnifique graphie florale (à voir sur rendez-vous au Conseil de l’Europe à Strasbourg).

Copyright Mélody Seiwert

Copyright Jean-Louis Hess

07.03.15

La couleur noire comme réalité, ou comme propos, dans la photographie

La présence de la couleur noire dans la photographie est autant, sur le plan technique et historique, une obligation, qu’une vision réaliste ou bien conceptualisée. Elle est souvent accompagnée par la couleur blanche, de fait, et ce noir et blanc dans la photographie est la référence, même aujourd’hui. L’argentique n’a jamais vraiment cédé aux autres couleurs la place prépondérante du noir et blanc tandis que ces autres couleurs ont basculé de plus en plus vers le numérique. Dans nos derniers articles nous avons abordé cette réalité de la couleur noire laquelle est utilisée comme élément esthétique et/ou comme réflexion. La couleur noire fait acte de conceptualisation dans l’approche esthétique, comme si elle devait en être l’incontournable élément, non dans sa présence initiale, mais dans son utilisation transformée. Le travail de Gilbert Kiner pousse très loin cette appropriation du noir dans l’esprit et la forme (lire l’article le noir profond, une démarche en solitaire), comme le fait l’auteur de ces lignes sous son nom d’artiste Ryo Tomo. Mais le noir n’est pas seulement un aspect graphique dans la photographie, il est aussi un élément d’une pensée, elle-même inscrite dans la réalité sociale, urbaine ou philosophique. Quand Ernest Pignon-Ernest colle ses œuvres sur les murs noirs de Naples ou dans une prison, il utilise le contexte pour appuyer son propos (voir l’article Le noir des lieux, puis une petite lumière éphémère). De même, quand l’artiste plasticien Thibault Honoré crée ses œuvres toutes faites du noir, celui de la morbidité (article Le noir, ou le gris, de la contemporanéité morbide). Certains artistes peintres contemporains utilisent le noir comme axe principal de leur création pour le rendre fondamental et lui rendre sa suprématie, et nous pensons bien sûr à Pierre Soulages. Et si la couleur noire était, pour la photographie, son esprit véritable ? Quand nous regardons les photographes humanistes français et les contemporains, le noir est l’articulation autour de laquelle tout se joue. De Brassaï, Ronis et jusqu’à Plossu, pour ne citer qu’eux, nous ne voyons pas le noir « techniquement » mais bien comme un langage. La construction et la narration se font par et grâce à la couleur noire. Le noir est ainsi la couleur de référence pour le photographe, et ceci n’est pas un paradoxe quand il est associé à la lumière, l’autre nécessité. Justement, si la lumière est nécessaire, le noir est, dans l’esprit et la recherche du photographe, le conceptuel pur. Pour lui la couleur noire s’invente et elle est l’acte de la création artistique en photographie.

Copyright Gilbert Kiner
Copyright Gilbert Kiner
Copyright Ryo Tomo
Copyright Ryo Tomo
Copyright Bernard Plossu
Copyright Bernard Plossu
Copyright Willy Ronis
Copyright Willy Ronis

14.02.15

La pause hivernale prend fin

La pause hivernale prend fin et nous reprenons nos travaux rédactionnels en vous retraçant nos dernières visites et découvertes et celles que nous ferons tout au long des semaines à venir. Nous avons ouvert une nouvelle rubrique “expositions, événements, manifestations » dans le site Strasbourg Art Photography et n’hésitez pas à nous informer de toute actualité photographique et culturelle dont vous avez connaissance ou bien dans laquelle vous intervenez personnellement. Merci d’utiliser ce formulaire.

12.12.14

La photographie n’a pas de prix

Nous constatons un élan enthousiaste ces dernières années pour l’achat de photographies par de riches collectionneurs qui n’hésitent pas (plus) à mettre des millions sur la table pour acquérir une œuvre rare. Tout dernièrement c’est une photographie de Peter Lik qui a été négociée au prix de 6,5 Millions de US dollars. Placer son argent dans une œuvre d’art est toujours risqué mais nous pensons que c’est certainement un acte conscient.

L’art, avec un petit a ou un grand A, est ce qui fait qu’un être humain se caractérise par sa capacité de projection et d’interprétation. Certes, le spéculatif vient aussi abîmer cette activité, comme tant d’autres. Il y a aussi le créateur opportuniste qui sait sentir les bons moments (comme les bons coups) pour mettre sur le marché des œuvres qui colleront au mieux aux tendances. Par contre, en matière photographique, nous ne pouvons pas dire que cette création soit tant que cela mêlée à cette démarche “marketing”. Bien sûr, la provocation sait se glisser dans la photographie comme dans d’autres productions. Mais, sur cette notion de la provocation, ne s’agit-il pas beaucoup plus du regard porté sur l’œuvre, et moins de son seul contenu ? Il y a ici cette différence entre le “provoquant” et le “provoqué”. Et, comme toute œuvre, la photographie provoquera, dans le sens de susciter. L’artiste se veut provoquant ? Libre à lui, mais ce point n’est pas garanti. L’artiste veut provoquer ? Là se joue une partie à deux (l’œuvre et le regard porté sur elle), et ce qui est recherché n’aboutit pas obligatoirement sur un résultat certain. C’est selon qui regarde.

Pour la photographie de Peter Lik, nous sommes en présence d’une œuvre qui n’entre pas dans cette démarche. Alors, passons-nous de la non provocation d’un contenu (sans parler des aspects esthétiques propres) à la provocation du prix payé ? Là se trouve peut-être une forme de provocation, tant la somme considérée atteint des sommets incroyables.  Est-ce si sûr ? Des tableaux sont vendus à des prix bien plus élevés. Pourquoi, dès lors, une œuvre photographique ne pourrait-elle pas être négociée aussi fortement ?

Il y a des gens qui possèdent une masse d’argent impressionnante et qui achètent des œuvres d’art. Ils vendent, rachètent, échangent. Ce sont des collectionneurs privés. Il y a aussi les musées qui interviennent dans cette activité. Mais il y a également de petits collectionneurs qui dépensent des sommes souvent modestes dans l’acquisition d’œuvres. Dans tous les cas nous pouvons retenir quelques critères communs à eux tous dans leur démarche : la beauté (du geste ?), la qualité du travail de l’artiste, la rareté relative, puis les aspects financiers (cote, progression, rentabilité espérée). Ces derniers éléments sont plutôt de l’ordre d’un achat à logique spéculative ce qui n’est pas toujours le cas chez certains collectionneurs qui ne veulent retenir que le contenu purement artistique.

Est-ce que la photographie de Peter Lik sera un jour revendue, par exemple, au double de son prix actuel ? Si c’est le cas, alors le spéculatif aura définitivement contaminé la photographie. Puis, on pourra se dire, et pourquoi pas ? L’Art n’a pas de prix. Sauf celui qui se trouve dans le travail réalisé et l’affinité créée entre l’artiste et son public. Avec modestie ou bien avec grandeur.

08.09.14

Visages de la réalité et interprétations du regard

Les premiers pas d’un artiste en devenir (de la préhistoire jusqu’au numérique) sont faits d’une représentation de son environnement immédiat, essentiellement basés sur son émotivité liée à son vécu quotidien (chasse, cultes, incantations, fêtes). Aujourd’hui encore les scènes “artistiques” de la vie de tous les jours sont la retranscription de ces événements. Puis viendra le temps de projeter sa propre image et celles de son groupe sur les différents supports que l’Homme domptera au fil des millénaires. Et là encore nous avons une belle constance quant à cette vision de soi, son visage et celui des autres, jusqu’aux selfies frénétiques d’aujourd’hui.

Nous avons cette intuition qui nous ferait dire que le passage de la représentation de scènes, ces activités individuelles ou de groupes, à celle de soi, sa propre image plus ou moins teintée de narcissisme, ou bien celle des visages du groupe restreint familial et amical, correspondrait au passage du polythéisme vers le monothéisme. Non dans une chronologie exacte de correspondance des faits mais plutôt dans une évolution “douce”, au moment de la prise de conscience de l’immensité humaine impossible à contrôler, dans le sens filial. Il s’agissait alors de créer les conditions d’un sauvetage qui ne pouvait prendre corps, dans cette conception post-hellénique de l’humain, que par une représentation de soi magnifiée par un Être idéal. Certaines religions à dieu unique inventeront une imagerie très concrète (comme les Chrétiens), et nous assisterons dès lors aux débuts d’un certain art du portrait mais aussi de l’autoportrait puisque l’image de Dieu ou du Christ est, immanquablement, notre propre image (à notre image rêvée). Les Grecs, les Egyptiens, dans leur sagesse antique, savaient se montrer beaucoup plus humbles avec leurs splendides représentations d’eux-mêmes non empêtrées dans l’idée d’un seul dieu.

Dans nos visites culturelles de cet été, en regardant des œuvres photographiées ou peintes comportant aussi (ou principalement) cette thématique du portait, nous ne pouvions pas nous défaire de ces préalables. (Lire l’article complet ici)

24.08.14

De la photographie comme thérapie ou l’art insensé

Dans les œuvres réalisées par les “fous”, ou plus simplement par des personnes rencontrant des difficultés relationnelles plus ou moins profondes, se trouve le mystère même de leur mal-être. Et comme dans tout mystère, la beauté de l’incohérence, ou l’esthétique d’une hyper précision, ressort avec une flagrance elle-même source de fascination. Se rajoute à cet état le fait que “l’artiste fou” n’est pas un technicien mais tout bêtement un autodidacte, un faiseur d’art presque malgré lui. Un “art brut” selon Jean Dubuffet, dans le sens d’une production sans antécédent culturel ni influence aucune. “Brut”, ici, ne voulant pas dire grossier, loin de là. En visionnant le film de John Maloof et Charlie Siskel, “A la recherche de Vivian Maier”, nous nous demandions de quelle pathologie pouvait bien souffrir cette femme d’origine française par sa mère (née à New-York et décédée à Chicago en 2009 à l’âge de 83 ans), qui produisit une quantité phénoménale de photographies dont il ressort, justement, une évidente et surprenante beauté, même plus, un contenu subjuguant, avec une forme de génie particulièrement renversant.

Le film nous montre un personnage qui semble particulièrement torturé, déphasé, qui s’enfermera dans une frénésie photographique pratiquement sans borne. Paradoxe que cet enfermement consistant à sortir dans les rues, le plus souvent possible, pour y photographier des gens, des situations, des immeubles.. Une photographie de rue, du street photography, splendide, réalisations techniquement remarquables. Et un sens poussé pour saisir l’instant, insoupçonnable, et pourtant évident pour elle. Une œuvre insensée, presque impensable.

John Maloof est tombé par hasard sur des photographies et des pellicules de Vivian Maier et a détecté ce contenu impossible. Il nous raconte dans son film (“Finding Vivian Maier » en anglais) l’ensemble de ses démarches pour matérialiser le personnage, puis organiser méthodiquement une sorte de catalogue posthume des  œuvres de cette photographe demeurée inconnue. Vivian Maier conservait son travail caché dans des valises et des cartons, elle photographiait, toujours et encore, puis enfouissait ses œuvres dans un esprit dont elle seule, peut-être, comprenait le sens. Ou bien non, elle ne savait pas ce qu’elle voulait vraiment faire en dissimulant ses clichés. Faire des photos, pour elle, correspondait-il à une sorte de thérapie, un besoin de se sortir d’elle-même, transcender une misanthropie définitive, exprimer un amour frustré envers les autres rendu pratiquement, concrètement, irréalisable ?

Le mystère est entier. Reste une œuvre incroyable, des prises de vue qui confère à la photographie un contenu artistique d’un niveau et d’une qualité magiques. Car au-delà de ce qu’a réalisé Vivian Maier, c’est bien d’un Art rapporté à la photographie dont il faut parler.

Puis, en sortant de la salle obscure, on s’est dit que, si cela se trouve, cette personne a été inventée par son “découvreur”, que Vivian ne serait qu’un “fake”. Et la boucle serait bouclée, comme une photographie qui ne montre que ce qui a été, peut-être, d’ailleurs, même pas. Ou bien de ce qui est, du point de vue d’un œil, d’un objectif, et donc de ce que seul sait celui ou celle qui a vu, et qui ne sera jamais vu par un autre, pareillement. Vivian Maier pourrait bien s’amuser en lisant ces quelques lignes..

02.07.14

Strasbourg et la Provence

Strasbourg Art Photography prend ses quartiers d’été et parlera dans ses prochains billets de l’actualité photographique et artistique d’Aix-en-Provence et Marseille, principalement. Mais nous posterons aussi des articles relatifs à nos dernières visites faites à Strasbourg avant notre départ, tout ceci au rythme lent et ensoleillé du Midi ^^.

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13.06.14

La jeune photographie

Le « jeunisme » touche aussi la photographie et il fait bon être jeune (et photographe) actuellement avec tous ces soutiens et récompenses accordés aux (jeunes) artistes.

Et nous pensons que ces attentions portées à la jeunesse qui photographie est une bonne chose compte tenu de la qualité de certains travaux. Il fallait voir ce qui était montré dernièrement au Maillon dans le cadre du Prix Oblick. De belles choses bien pensées qui prouvent que le ou la jeune photographe sait aujourd’hui maîtriser les techniques classiques ou modernes. Dans ces œuvres exposées nous avons pu constater que la photographie dite « jeune » évolue entre formalisme, mise en scène et conceptualisation. L’art de la photographie est, pour ces auteurs, une photographie de l’art où de nombreux éléments constitutifs viennent se compléter : le contenu et le contenant. Cette photographie, dans ses aspects esthétiques, narratifs, démonstratifs et purement techniques, sait englober dans une démarche professionnelle et, surtout, artistique, un ensemble de compétences et de sensibilités qui nous conduit à penser que l’avenir photographique (en Europe), est pleinement assuré grâce à ces jeunes hommes et jeunes femmes.

29.05.14

Artistes « étrangers »

En évoluant parmi toutes ces œuvres réalisées par des artistes “étrangers” nous avons compris combien l’art est apatride tout en restant lié au pays lointain. Une œuvre n’est pas réalisée par une nationalité mais par une personne dont la culture, sa culture, est une sorte de lien indestructible, même dans les dissidences les plus profondes. Peut-on alors parler d’artistes “étrangers” dans cet aspect hors frontières ? Faut-il replacer l’artiste dans un lieu géographique pour le nommer, hors de chez lui, d’ “étranger” ? La douleur de l’éloignement, voulu ou subi, ne confère pas à celui ou celle qui est déraciné(e) le statut d’ “étranger”. Tout au contraire, c’est d’un frère, d’une sœur, dont il faut parler. Et l’art crée cette filiation. Un enfant qui, pour la première fois, part de chez lui, en colonie de vacances par exemple, écrit sur une carte postale envoyée le plus vite possible combien le « nouveau pays » qu’il découvre est beau (la mer, la montage, la campagne). Mais cette missive sert aussi à maintenir le lien avec la famille momentanément éloignée. Nous somme tous des enfants artistes, éloignés et aimants, découvreurs de lieux inconnus et rattachés aux nôtres. Nous ne sommes pas des “étrangers”, nous sommes les membres d’une immense et même famille.

28.05.14

L’informatique et l’ordinateur comme support au travail de création

Nous voulons ci-dessous développer un thème particulier avec l’utilisation de l’informatique, de l’ordinateur, comme support au travail de création. C’est  à Zone d’art que nous avons longuement parlé de ceci avec Nicolas Schneider, un artiste que nous connaissions déjà un peu mais qui, cette fois, a développé avec nous ce sujet qui nous intéresse beaucoup. Nicolas Schneider utilise de petits carnets (comme ces peintres naturalistes qui autrefois parcouraient la campagne toujours accompagnés de ces cahiers faciles à glisser dans une poche) pour lui permettre de dessiner en tous lieux (aéroports, salle d’attente, en ville ou ailleurs). Ces croquis vont ensuite être numérisés par l’artiste pour servir de base à ses créations. Et il viendra, lors de projections sur papier, ou un autre support, finir son œuvre directement sur ledit support. Il utilisera différents types de crayons, peinture, encre pour son travail, essentiellement en noir. Le résultat est splendide. Tout en retrouvant des formes qui peuvent nous rappeler tel ou tel élément, l’ensemble se transforme en de belles imprécisions, abstractions souvent linéaires, dans une esthétique du noir et du blanc qui nous amène dans des terrains inconnus. Belle intelligence que celle de Nicolas Schneider qui sait réunir plusieurs medium pour obtenir un résultat d’une grande modernité. L’ordinateur, ici, est le trait d’union entre tradition et contemporanéité dans le sens d’une utilisation maîtrisée, et non le contraire, car le plasticien domine l’outil, du moins dans ses usages concrets pour une nouvelle interprétation. Dans l’un de nos articles (19.02.14) nous avons soulevé cette possibilité d’utiliser l’ordinateur, et des logiciels spécifiques, pour apporter un contenu visuel et créatif à son travail. Nous-mêmes, dans nos photographies, aimons ponctuellement introduire cet outil dans une démarche exploratoire vers autre chose. Car il s’agit bien d’apporter dan son travail, dans ce cas, un élément de création qui tend vers un contenu différent.

Copyright Nicolas Schneider

Travail de nuit 2 by Ryo Tomo

Copyright Ryo Tomo

14.05.14

Formes rondes, une thématique perpétuelle

(Editorial en lien avec l’article archivé sous le même titre).

La rondité prend plusieurs formes, physiques et mentales, alors que le cercle ou la sphère, quant à elle et lui, se contentent d’une seule expression représentative. Géométrique, philosophique, tout est tentative d’enfermer dans la forme ronde ce qui ne peut être que compris. Ainsi, en dehors, ce ne serait qu’incompréhension, immatérialité, inconnu. Pourtant, le cercle, le rond, la sphère, tous ces éléments, peuvent-ils exister hors contexte ? En photographie, montrer une forme ronde est simple et compliqué. Expérimentation, simple vue, conceptualisation, il n’en reste pas moins que cette forme semble ne pouvoir se matérialiser que dans son espace. Même une photographie toute ronde ne saurait se détacher de son environnement puisqu’elle serait appréhendée obligatoirement avec ce qui l’entoure, ne serait-ce que par son accrochage, ou quelque soit sa présentation. Voilà bien un paradoxe ! La forme ronde est elle-même entourée, ce qui rendrait impossible de l’isoler. Consubstantialité ? Le monde est rond nous apprennent très tôt (ou plutôt, tardivement en rapport aux millénaires) les philosophes grecs, puis l’être humain dira de lui qu’il ne tourne pas rond, comme pour montrer son incrédulité sur cet état-là. Pour ma part, je regarde la forme ronde en ses différents aspects comme un objet définitivement impossible à circonscrire, donc comme une illusion. Le physique, la matérialité du rond, du cercle, de la sphère sont des impressions puisque, dans tous les cas, leur vocation est de ne pouvoir s’exprimer que dans un tout, même sur une simple feuille de papier. Le tout n’est rien, dans ces conditions, car les éléments s’effacent les uns les autres, le vide joue contre eux et avec eux. Au fait, le vide, quelle en est sa forme ?

17.04.14

Actualités strasbourgeoises

Les actualités photographiques et artistiques strasbourgeoises reprendront bientôt, dès notre retour en Alsace. En attendant nous nous délectons en Provence (soleil, mer, cuisine, expositions..). Mais nous savons qu’il fait aussi beau temps à Strasbourg et dans toute la région.

01.04.14

Strasbourg-Aix

Ne vous étonnez pas, lecteurs et lectrices de ce blog, si vous trouvez actuellement des articles liés à des expositions et des événements se déroulant à Aix-en-Provence ou Marseille. Nous sommes souvent en Provence et nous aimons aussi beaucoup cette région et sa culture. Et puis, l’art sous toutes ses formes n’est-il pas universel ? Même si, bien sûr, les hommes et les femmes, les artistes, sont influencés par leur région, ce qui est indispensable.

16.03.14

La mémoire photographique

Madame Madeleine Millot-Durrenberger et son association In Extremis présentent une splendide exposition de quatre grands photographes, Bernard Plossu, Claude Batho, Anna et Bernhard Blume, avec comme fil conducteur la mémoire. Un événement exceptionnel, des oeuvres remarquables.

Nous ne savons pas si la photographie d’art est, ou doit être, un vecteur de la mémoire ou bien une oeuvre pour elle-même, ni témoin, ni preuve, parce que résultant d’un acte de pure création. Mais il n’est pas impossible qu’elle soit tout cela en même temps. Pour nous, une oeuvre est une entité exclusive, certes composée par un/une artiste avec son histoire, sa culture, sa sensibilité, et dès lors qu’elle émerge, et se construit, puis devient une réalité intemporelle, l’oeuvre n’appartient plus, dans le sens de l’origine, à un territorium humain. Elle bascule en dehors du temps et des lieux dans l’espace culturel universel. La mémoire est cette ambiguïté qui fait d’elle un objet, un concept, une activité, qui ne peut s’exercer qu’après. A priori nous ne pouvons pas nous souvenir de ce qui n’a pas encore été. La photographie (d’art) n’est pas liée à un événement puisqu’elle est elle-même événement. On ne peut donc s’en servir comme élément de mémoire. Pour autant, ce qu’elle montre a bien été, soit de manière concrète, soit intellectuellement, mais l’oeuvre exclut l’origine de son contenu pour devenir et détenir sa propre réalité. Il faudrait considérer la photographie d’art comme entité du passé, du présent, de l’instant et du futur dans le même moment. Elle est circulaire, c’est-à-dire sans début ni fin. Néanmoins, le titre de l’exposition organisée par Madeleine Millot-Durrenberger dans le cadre de l’association In Extremis, “Au futur, la mémoire” n’est pas obligatoirement faux, puisqu’il place la chronologie dans le bon sens. Et voir les photos de Madame Claude Batho, de Bernard Plossu et d’Anna et Bernhard Blume nous conduit à une appréciation de leur art pour lui-même, déconnecté inévitablement de ce qu’il montre. Car, devant une vue d’un bout de plage avec quelques objets flottants, dans de magnifiques contrastes et perspective, ou bien une jeune femme marchant, dans un flou sensuel, ou bien un meuble dans une maison ancienne avec tout son esprit, ou bien un enfant allongé sur un canapé, ou bien une extrapolation d’une cafetière qui se prendrait pour un personnage, ou le contraire, nous comprenons bien que ces personnes ou objets ne sont pas, ne font pas la photographie que nous admirons. Le contenu s’échappe pour laisser l’oeuvre s’imposer dans son existence. L’art, le talent, le génie, ici, est cet instant capté par l’artiste pour en faire une éternité vivante et non figée. Cette magnifique exposition est, pour nous, un événement remarquable, et nous admirons le travail de Madeleine Millot-Durrenberger, cette grande collectionneuse de photographies d’art, qui nous montre, à Strasbourg, des oeuvres d’un niveau et d’une qualité mondiale. (In Extremis, 27 rue Sainte-Madeleine, 67000 Strasbourg).

05.03.14

Peinture et photographie, une belle proximité.

Nous avions abordé dans un article, ici même, cette thématique que nous aimons: le cousinage entre peinture et photographie, une proximité révélatrice d’un lien que nous voyons comme de splendides entrelacs. Nous revenons sur cette idée en la documentant un peu plus.

Un sujet très prisé par les peintres et les photographes est la nature, essentiellement dans une vue en perspective. Les artistes contemporains passent tous, à un moment ou un autre, par ce filtre pour en extraire une quintessence, celle des couleurs et des volumes mélangés. Dans les faits, la concurrence entre l’œil et le ressenti, la déformation sensorielle, apporte un élément de construction différent de l’objectivité première. L’œil photographique n’échappe pas à cette différenciation, le “rendu” est toujours autre chose que ce que nous voyons. Le peintre et le photographe se retrouvent ainsi au même plan, reproduire un sujet sous contraintes. L’erreur serait de vouloir dupliquer ce qui est vu sans y apporter un sens supplémentaire, celui d’une sensibilité, d’une vision immatérielle qui fait, justement, la différence. L’Art serait donc cette différence, entre le vrai (dans sa splendeur plate, heureuse ou douloureuse, son concret, sa justesse en final) et l’interprétation (dans sa beauté subjective, son bonheur ou son malheur, son immatérialité, son imprécision sans fin). L’hyperréalisme contient lui aussi cette interprétation car sans cela, l’oeuvre ne serait que reproduction. Confiner la photographie dans la seule fonction de reproduire à l’exact un motif, serait lui refuser tous sens interprétatifs, tant ceux du photographe que du spectateur. D’ailleurs, la photographie n’est pas un spectacle mais bien plutôt un acte distordant, vers, et pour, une nouvelle harmonie, elle-même intégrant des éléments perturbants. Elle fait entrer celui et celle qui voit une photographie dans le champ même de ce qui est non montré. Le peintre invite pareillement à ce voyage incertain. Le “bouleversement”, voilà bien de quoi il s’agit. Être bouleversé, dans tous les sens du terme, est l’axe révolutionnaire impliqué dans le simple fait de voir autrement.

Copyright Serge Lemonde

Copyright Edward Hopper

Copyright Benoît Trimborn

Copyright Ryo Tomo

Copyright Franco Fontana

19.02.14

Photographies, post-traitements et autres manipulations

Il y a encore pas mal de réticences à voir dans la photographie manipulée des oeuvres à part entière, même, et surtout, quand celles-ci sont le résultat d’un vrai travail de recherche tant technique qu’esthétique. En fait, si traitement il y a, c’est celui opéré avant la réalisation définitive de l’oeuvre qui retient l’attention car il s’agit ici de s’introduire dans la démarche photographique par des moyens divers pour obtenir un résultat conceptuel entier. Par contre, avec le post-traitement, l’oeuvre de départ est le support (sans importance ?) sur lequel la manipulation va s’opérer au gré de procédés tous liés, ces dernières décennies, à des logiciels informatiques plus ou moins évolués. Ainsi la création pure se fera concurrencée par l’assistance technique obtenue sans âme. Mais est-ce aujourd’hui si sûr ? Nous pouvons tirer un parallèle entre partition musicale classico-moderne et musique électronique. D’un côté nous avons des génies comme Patrick Bailly-Maître-Grand ou bien Pierre Boulez, et de l’autre, des artistes récents qui jouent entièrement, exclusivement, avec l’électronique..

Nous ne parlons, dans cet article, que de l’intervention en vue de créer une œuvre et non de simples retouches ou correctifs à caractère technique. Force est de constater que l’assistance électronique apportée par des programmes complexes mais accessibles, en terme de prise en main, à n’importe qui, d’un enfant de 7 ans à un senior de 77 ans, ouvre des champs nouveaux et nous pensons que cela n’est pas obligatoirement négatif. A force de manipuler, un jeune ou un moins jeune, ne risque-t-il pas, au bout d’un certain temps, d’obtenir, ou du moins, de s’approcher d’un résultat sensé ? C’est ce que nous pouvons lui souhaiter de mieux. Bien sûr, s’exerce après une critique, toute faite de préalables, et c’est inévitable, puis celle-ci, cette critique, pourra, à son tour, évoluer (ce que nous espérons aussi). Quand vous allez sur tumblr, par exemple, vous vous noyez dans des tonnes de photos hyper manipulées, un grand nombre de celles-ci débordant d’ailleurs vers de la quasi animation. Vous vous énervez à voir ces trucs improbables, sautillants, clignotants ou simplement incompréhensibles et, au bout du compte, vous vous dites “et pourquoi pas ?”. Songeons un instant à un Picasso ou à un Matisse, qui, au départ d’un simple cliché (oui, ces deux-là se servaient de supports photographiques, les leurs ou ceux de photographes devenus très célèbres ou bien restés méconnus – lire le hors série de Beaux Art Magazine de septembre 2002 édité à l’occasion de l’exposition « Matisse-Picasso » au Grand Palais -) arrivaient, avec leur peinture, et après moult “manipulations” et expérimentations, à des niveaux artistiques qu’il serait impensable aujourd’hui de remettre en cause. C’est vrai, la compréhension de certaines de ces œuvres n’est pas facile. Comme quand on écoute du Boulez, du Stockhausen, du Henry, du Dutilleux ou bien Guetta, Daft Punk, sans oublier Berstein et Jean-Michel Jarre, chacun dans leur style créatif. Donc, oui, nous approuvons cette façon de triturer, de manipuler, même au risque de voir de très nombreuses horreurs. Et, soudain, émerge une photographie exceptionnelle, appréciée à titre personnel, avant de devenir une référence, ou en passe de l’être.

Copyright Patrick Bailly-Maître-Grand

Copyright Marc Ferrante

Copyright Augusto De Luca

Copyright Ryo Tomo

Copyright Erik Johansson

07.02.14

Street art & graffiti en France

Dans nos rues nous voyons, sur de vieux murs ou bien sur des palissades, des choses souvent colorées et belles. Lettrage difficile à comprendre ou fresques étonnantes, ces tags et graffiti sont des oeuvres à part entière. Différentes techniques sont utilisées (pochoirs, collages, bombes de couleur etc.) par nos artistes diurnes ou nocturnes qui vont aussi, de temps en temps, transgresser certains interdits en allant travailler sur des wagons. Il y a aussi ceux qui “salissent” sans retenue des surfaces “privées”, des façades de maisons ou d’immeubles sans pour autant y mettre de quoi s’extasier et c’est dommage car les graffiti correspondent à une démarche artistique à grande valeur historique et esthétique. Nous aimons photographier ce travail pour en faire de nouvelles oeuvres et, en France, nous constatons une belle activité créatrice avec de véritables maîtres reconnus ou bien de simples graffeurs anonymes à l’imagination étonnante. Nous voulons ici leur rendre un petit hommage.

image

03.02.14

Femmes artistes

Lors de mes dernières visites dans différents lieux où sont montrés des travaux d’artistes (photographies, peintures, sculptures..) un point commun s’est imposé comme une évidence, et, comme toutes évidences, il est utile d’en parler. Les femmes artistes savent s’imposer, non par le nombre, mais bien plutôt par la qualité de leurs oeuvres. D’ailleurs, cette notion de s’imposer est impropre, tant la subtilité et la maîtrise de leur travail, pour celles que j’ai eu le plaisir de découvrir, même parmi les plus jeunes, est une réalité qui, elle, s’impose mais toujours avec délicatesse et intelligence. Certes, du côté des hommes il y a bien évidemment ces délicatesse et intelligence, mais au fil de mes pérégrinations, le fait de voir de nombreuses femmes artistes dans des expositions et des galeries m’a apporté un sentiment de joie et de sérénité. L’art est asexué, ou alors il est hyper sexué, selon comment il est pensé, mais du point de vue de l’amateur, du visiteur, cette notion est dépassée car c’est l’oeuvre en elle-même qui prend le dessus. Néanmoins, ces femmes artistes nous amènent sur d’autres rives, ces horizons comme autant de nouvelles terres.

17.12.13

Photographies sur la toile

Le web est une source étonnante d’exposition d’œuvres photographiques en tous genres. Et le plus souvent dans une démarche totalement gratuite, dans tous les sens du terme. Nous nous posons ici souvent la question de ce que deviennent toutes ces photos montrées à 90% sans aucune protection de droit, ou bien même soi-disant protégées mais que chacun peu télécharger à “loisir”. L’autre jour nous avons visité un site US très connu et nous y avons vu des photographies postées il y a plusieurs années ! Leurs auteurs ont manifestement cessé d’utiliser le site et ont laissé leurs travaux en déshérence. Certes, le web est un puissant outil de communication et permet une “visibilité” importante mais que penser de toutes ces photographies en ligne, et de leurs créateurs ? La photographie est un média entièrement capté par internet et le commerce qui s’en déduit est devenu lui aussi un bel enjeu. D’autant que se rajoutent, donc, ces millions de photographes plus ou moins inspirés dans leur démarche philanthropique ce qui rend finalement ladite visibilité pas si claire que ça. Entre gratuité et abandon il y a un espace immense qui s’est installé au profit d’une masse de photos qui rend celles-ci presque indigestes. Alors, le principe du “mieux vaut trop que pas assez” est-il pertinent ? Le constat nous fait dire plutôt “mieux vaut peu mais du bon”.

17.11.13

Strasbourg-Aix-en-Provence (et retour) en TGV

Strasbourg-Aix-en-Provence (et retour) en TGV est une ligne souvent ennuyeuse sauf en cas de retard(s) et, heureusement, ils sont assez nombreux, ces retards. L’autre jour, grâce à plus de 30 mn de voyage sur place offerts gratuitement, les passagers de la voiture où je me trouvais ont ainsi développé un soudain relationnel fait de râles et d’empathie réciproque, un curieux mélange très français que j’adore. Mon voisin immédiat s’est inquiété de mon activité professionnelle mais je l’ai dirigé sur mon goût pour la photographie en lui indiquant que je pensais bientôt faire une expo de mes photos, une à Strasbourg et une à Aix et je l’invitais à visiter mon site en ligne

21.09.13

Quand la photographie s’expose

Montrer des photographies, et des photographes, est une activité qui attire de nombreux organisateurs. Il y a donc de l’intérêt à monter des expositions sur la photo, semble-t-il, et nous souhaitons que ces initiatives correspondent à un goût pour ladite photographie et que l’aspect (auto) promotionnel desdits organisateurs, souvent liés aux institutions et aux associations pilotées, se place loin derrière la démarche artistique et culturelle de ces manifestations. Dans nos actualités artistiques et photographiques nous parlons de quelques événements sur et autour de la photographie et cela nous convient car il est bon de s’en faire l’écho, même confidentiellement. Non ?

16.09.13

L’art désorganisé

Nous sommes toujours surpris par l’intérêt officiel, en fait, des “Officiels”, pour la photographie puis la façon de canaliser celle-ci dans et par des événements justement (?) officiels. D’ailleurs, ce point concerne toute activité artistique par le jeu de subventions compliquées et autres soutiens plus ou moins spontanés. Les municipalités, les départements, les régions rivalisent d’activisme culturel comme si l’art allait leur échapper (au profit de l’Etat, le ministère de la super-culture). Et pas très loin de là vient à l’esprit la notion de récupération. Il y a donc l’art des circuits organisés, un peu comme le tourisme, et celui qui ne serait que désorganisé. Sur ce dernier nous portons une attention particulière comme vous vous en doutiez, mais et de bien entendu, parce que nous sommes d’affreux curieux, nous relatons aussi les “autres”. Lisez nos dernières actualités artistiques pour constater la véracité de nos propos..

26.08.13

Retour de vacances

Strasbourg Art Photographie – Strasbourg photographie reprend du service après cette pause estivale et parle du Midi, de Marseille principalement. Mais nous ferons aussi une revue des événements strasbourgeois et alsaciens présents et à venir. 

Marseille capitale européenne de la culture. Le Mucem en est le phare sinon son faire-valoir. Un musée des cultures et des civilisations méditerranéennes qui offre une vision architecturale passionnante pour le photographe.  Nous vous présentons ci-dessous quelques clichés du monument (visitez aussi ce lien). Lire également nos infos rapportées de Marseille et Aix.

Cousinage entre peinture et photographie

Nous avons ici, chez Strasbourg Art Photography-Strasbourg photographie, toujours été intrigués par le cousinage entre photographie et peinture. Il existe des artistes peintres qui, sans en faire une démarche technique ni une marque de fabrique, établissent un lien visuel entre ces deux approches uniquement grâce à un sens artistique profondément subtil. C’est le cas de Benoît Trimborn qui réalise un excellent travail et nous avons aimé découvrir ses œuvres, lesquelles connaissent un grand succès. Nous y voyons cette filiation avec la photographie mais peut-être est-ce une déformation de notre œil, peu importe, c’est notre façon à nous de voir ce qu’il peint.

02.06.13

Actualités photographiques et artistiques

Nous aimons visiter des galeries ou des musées pour découvrir ou redécouvrir d’intéressantes créations, ou même des choses splendides car il en existe. Strasbourg Art Photography – Strasbourg photographie ne revendique aucune objectivité ni journalisme (d’ailleurs sur ce point ces deux notions sont-elles certaines entre elles ?) car nous ne sommes que des goûteurs  de formes, de couleurs, de matériaux et de sons. Donc nous assumons nos tendances ou nos instincts sachant que ceux-ci relèvent de notre nature. Rien de méchant néanmoins et quand nous parlons de quelqu’un ou de quelque chose (ici il faut faire un Click pour lire nos actualités) nous voulons simplement relater ce que nous voyons et aimons (plus, ou moins).

31.05.13

L’appareil ne fait pas l’oeil

Parmi mes amis se trouve un tout jeune homme qui utilise un appareil modeste, mais techniquement au point, vous savez, ces boîtiers japonais hyper compacts faciles à ranger dans son sac à dos ou bien dans la poche  de son blouson. Avec cet outil, il (ce jeune photographe) réalise de jolis clichés grâce à son œil, son sens des situations ou son goût des volumes et des perspectives. Faire de la photo est une activité commune, et c’est très bien, mais pouvoir arriver, peu à peu, à une bonne photographie est une démarche artistique. Quand l’art vient aux jeunes gens..

19.05.13

La photographie s’impose avec patience

Nombreux sont les photographes qui, petit à petit, arrivent à réaliser des œuvres intéressantes mais rares sont ceux qui parviennent à “percer”. La photographie d’art reste pour les galeries et les critiques un medium jugé avec exigence comme si toutes ces personnes étaient détentrices d’une vérité photographique. En même temps, le public reste lui aussi assez frileux. Heureusement, et comme dit plus haut, certains photographes dépassent ces handicaps en terme de reconnaissance et réalisent un travail entre expérimentation, véritable création et conceptualisation, rassemblant un vrai talent. Etre photographe aujourd’hui, dans ce sens artistique et créatif, est une démarche souvent compliquée, douloureuse et  isolée et nous aimerions, avec ce site, provoquer un nouvel intérêt, même (et surtout ?) si nous parlons d’œuvres et d’artistes souvent encore en devenir.

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Une réflexion au sujet de « Les éditos »

    Art Photography & Editorial « arteditorial a dit:
    mars 25, 2015 à 12:09

    […] Les éditos […]

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